Espace Adhérents

Chers adhérent.e.s,

Réseau Vrac a organisé le 6 mai une seconde visioconférence exceptionnelle avec nos deux expertes Maryse Noel, hygiéniste de Réseau Vrac, et Lucia Pereira, Directrice des Affaires Juridiques, afin d’aider les commerçants adhérents à se préparer au déconfinement.

38 personnes étaient présentes lors de cette visioconférences et plus 40 questions ont été posées. Vous trouverez ci-après le compte-rendu détaillé regroupant les thèmes abordés lors.des échanges. Si vous souhaitez utiliser certaines de nos recommandations, vous pouvez le faire en citant la source : Réseau Vrac.

Contenants

  • Pourra-t-on après le 11 mai autoriser les contenants des clients (sacs en tissu, bocaux, bouteilles) ?

Les commerces peuvent autoriser les consommateurs à venir avec leurs propres contenants à condition de mettre en place le protocole de désinfection des surfaces extérieures des contenants avant le service.
Pour désinfecter les contenants du consommateur, il faut posséder un produit désinfectant type virucide (idéalement sans rinçage). Si vous n’en possédez pas, l’alcool à 70° ou l’eau oxygénée peuvent faire l’affaire. Il convient de positionner les contenants fermés sur un support protégé par un textile et de vaporiser le désinfectant en veillant à recouvrir toutes les surfaces. Laisser agir quelques secondes. Se munir d’une lavette imprégnée du même désinfectant et répartir le désinfectant sur l’ensemble du contenant en frottant quelques secondes également. Commencer par le haut, et une fois la lavette passée sur le couvercle, tenir le contenant par le couvercle et désinfecter le bas.
Concernant les sacs en tissu apportés par les consommateurs, il est impossible de les désinfecter sur place. Il est recommandé de privilégier la distribution aux consommateurs, de sacs préalablement lavés et repassés ou des sachets kraft.

  • Combien de temps doit on mettre en quarantaine les bouteilles consignées ?

Nous recommandons un délai de 7 jours. C’est dans les phases de manipulation des bouteilles potentiellement contaminées qu’il faut être vigilant et ne pas porter ses mains à son visage. Une fois les bouteilles isolées, lavez-vous soigneusement les mains au savon.
Par mesure de précaution, à la fin de la mise en quarantaine et après les avoir disposées dans votre tunnel de lavage ou dans votre lave-vaisselle, lavez-vous de nouveau les mains avant de toucher les commandes de votre matériel.
Si le coronavirus se déposait sur vos mains, celui-ci ne pourrait pas vous contaminer car il ne peut pas passer la barrière de votre peau. C’est en portant les mains au niveau de votre bouche ou de vos yeux, par l’intermédiaire de gestes parasites, qu’il pourrait atteindre vos voies respiratoires.
Ainsi, après les phases de manutention contaminantes, ne vous touchez pas le visage et lavez-vous les mains immédiatement après.

  • Combien de temps doit-on mettre en quarantaine les contenants pour les préparations de commande ?

Les bocaux sont en verre, et pour être sûr que le virus ne soit plus infectieux sur ses surfaces extérieures, nous vous recommandons de les laisser une semaine en quarantaine.

  • Comment savoir si le contenant personnel d’un client est désinfecté à l’intérieur ?

Les contrôles visuels et olfactifs sont les seuls moyens de contrôler la propreté des surfaces intérieures d’un contenant apporté par un consommateur ; mais un contrôle visuel ne permet pas de valider l’efficacité d’une désinfection donc l’absence de virus.

  • Concernant le lavage des sacs en tissus par les commerçants : peut-on utiliser une machine à laver personnelle sans risque ?

Oui, un lave-linge personnel peut très bien être utilisé pour laver les différents textiles qui auront été manipulés par les consommateurs. Nous vous recommandons un lavage à 60°C pendant au moins 30 minutes. La désinfection peut être complétée par un repassage.
Il est également envisageable d’utiliser des lessives désinfectantes pour remplacer la désinfection par la température dans le cas des textiles qui ne peuvent pas être lavées à des températures trop élevées. Mais attention aux contaminations croisées : après avoir rempli votre lave-linge, lavez-vous soigneusement les mains avant de manipuler les commandes de votre appareil, afin de ne pas transporter le virus sur les surfaces extérieures de votre lave-linge.

Libre-service

Si votre activité ne permet pas le service assisté, le libre-service peut être poursuivi. Le libre-service génère de nombreux contacts entre les consommateurs et les équipements du magasin, vous devez donc respecter les trois recommandations suivantes :

  • Port du masque obligatoire pour les consommateurs et les commerçants : les masques doivent être homologués ou conformes aux recommandations de l’AFNOR (voir fiches techniques des produits), qu’ils soient jetables ou en tissu
  • Désinfection obligatoire des mains avec un produit hydroalcoolique pour tous les clients à l’entrée du magasin a minima
  • Respect de la distanciation entre les personnes (minimum 1 mètre voire 1.5 mètre), et/ou instaurer un nombre limité de personnes dans le magasin (voir fiches du Ministère du travail sur les règles générales de précaution applicables aux commerces alimentaires de détail)
  • Peut-on autoriser le libre-service après le déconfinement ?

Il n’y a pas d’interdiction du libre-service. Notre recommandation visant à privilégier la vente assistée ne peut pas être mise en place dans tous les commerces. Ainsi, certains commerces ou rayons vrac ont maintenu le libre-service pendant le confinement. Si la suspension provisoire du libre-service peut être mise en place notamment parce que le taux de fréquentation de votre commerce le permet, nous vous conseillons de maintenir cette mesure pendant le déconfinement, en particulier dans les zones rouges ou oranges. Pour les commerces qui doivent poursuivre le libre-service, nous les renvoyons aux trois recommandations listées ci-dessus qui doivent être respectées. En outre, nous recommandons une désinfection fréquente des équipements de vente (bacs, pelles, silos, balances, TPE, etc.)

  • Peut-on laisser les sachets kraft en libre service, si le passage obligatoire au virucide à l’entrée du magasin est assuré ?

Même s’il y a désinfection systématique des mains des clients avec un produit hydroalcoolique à l’entrée dans votre magasin, vous ne pouvez pas exclure des contaminations ultérieures, étant donné le risque de gestes parasites inconscients des clients.
Dans la mesure du possible, nous recommandons la distribution des sachets par le commerçant, à la demande des clients.

Procédures d’hygiène

  • Doit on continuer de rappeler les règles de base à respecter durant la période ?

Le déconfinement n’est pas l’arrêt des règles de base. Il faudra les respecter pendant un certain temps. Valable aussi bien pour les commerçants que pour les clients. Il y aura des choses à adapter au cas par cas.

  • Comment désinfecter les contenants en contact avec les pelles ?

Nos recommandations en matière de température de lavage des contenants n’ont pas changé. Un contenant en verre sera désinfecté après un passage au lave-vaisselle à 70°C. La durée des cycles de lavage étant d’au minimum une heure, la désinfection sera effective. Les virus font partie des micro-organismes les plus fragiles vis-à-vis de la température. Mais encore une fois, attention aux contaminations croisées : après avoir positionné les bocaux dans votre lave-vaisselle, lavez-vous les mains avant d’actionner les commandes de votre lave-vaisselle, pour ne pas contaminer votre matériel.

  • Peut-on recommander de ne pas venir faire ses courses avec des enfants ?

La recommandation générale pour les commerces alimentaires, est de n’accepter qu’une seule personne à la fois, et d’éviter les courses en famille. En cas d’impossibilité, les enfants en bas-âge doivent être tenus en poussette. Les enfants qui ne peuvent pas attendre seuls à l’entrée du magasin, doivent a minima porter un masque barrière.

  • Faut-il remettre du gel hydroalcoolique à l’intérieur du magasin en plus de l’entrée ?

En effet, une telle mesure incite à une désinfection régulière des mains, notamment au niveau des bacs à pelle ou des rayons fruits et légumes. Compte tenu du risque lié aux gestes parasites inconscients, comme “se porter les mains au visage”, qui annulent l’effet du produit appliqué à l’entrée du magasin, il nous semble opportun d’en mettre à disposition également dans les rayons du magasin, en particulier lorsque le magasin pratique le libre-service pour le vrac.

  • La contamination peut-elle se faire par les denrées alimentaires ?

Le coronavirus peut se transmettre via toutes les surfaces inertes manipulées par les mains des consommateurs et des commerçants (téléphone portable, poignée de vitrine réfrigérée, denrées préemballées ou fruits et légumes non emballées …).
Donc, le risque de contamination par contact avec une denrée alimentaire infectée est identique au risque de contamination par contact avec toute surface inerte infectée (ex. une pomme peut être infectée, si vous la touchez et que vous portez votre main à la bouche, il y un risque, au même titre que lors d’un contact avec TPE).
En revanche, en l’état actuel des connaissances scientifiques dont on dispose sur le coronavirus, on peut dire que le risque de contamination par ingestion est faible : en effet, le risque de passage du coronavirus par les voies respiratoires, lorsque vous ingérez cette denrée, est extrêmement faible. En passant ensuite par les voies digestives, il sera inactivé. Dans ce cas, il ne contaminera donc pas le consommateur.

Produits désinfectants

  • L’eau oxygénée est-elle désinfectante ?

L’eau oxygénée a des propriétés virucides. Mais il s’agit d’un produit généralement utilisé pour aseptiser les plaies. Son utilisation n’est en général pas destinée pour la désinfection des surfaces inertes. Il est peu probable que vous puissiez en acquérir ou en posséder en quantité suffisante pour effectuer les désinfections journalières de vos surfaces et des contenants apportés par les consommateurs.

  • Certains clients dénoncent le danger des produits désinfectants et ne veulent pas les utiliser : que faire ?

Un lavage des mains approfondi au savon est efficace pour inactiver le coronavirus, il faut donc bien sûr privilégier cette méthode. D’autres molécules sont efficaces pour inactiver le coronavirus, c’est le cas de l’alcool et de l’eau oxygénée.
Mettre nos mains très régulièrement au contact de ce type de produits n’est certes pas idéal, mais le commerçant qui laisse entrer un client dont les mains n’ont pas été désinfectées, prend un risque pour l’ensemble de ses autres clients.
Il est donc en droit d’imposer l’utilisation de ce type de produit à l’entrée de son magasin et peut en refuser l’accès si un client refuse de se désinfecter les mains. Il n’y a pas d’autre alternative car la priorité, en cette période de pandémie, est de limiter le plus possible la circulation du virus.
Si des personnes sont allergiques, il existe des gels et mousses virucides d’origine végétale, qui ne sont pas à base d’alcool mais d’acide lactique. L’interdiction du libre-service pour ces personnes allergiques peut aussi être une solution.

  • Le gel désinfectant “maison” à base d’alcool et d’huiles essentielles est-il valable ?

Les mentions “désinfectant”, “virucide” etc… sont réservées aux produits biocides dont la fabrication est réglementée (leur formulation, leur concentration en alcool, leur étiquetage, etc…) Plusieurs fournisseurs adhérents Réseau Vrac peuvent aujourd’hui fournir ces produits réglementées pour une vente en vrac ; retrouvez-les ici. Nous vous invitons à vous rapprocher des fournisseurs plutôt que de vous lancer dans des recettes maison.

Masques et gants

Les masques dits barrières doivent être homologués (FFP2 ou chirurgicaux) ou déclarés par les fournisseurs conformes aux préconisations de l’AFNOR (voir les fiches techniques des masques), avec les mentions suivantes : « testé 5 lavages », ou « testé 10 lavages », ou « testé 20 lavages » ou « testé 30 lavages »

2 vidéos pour former votre personnel et informer vos clients sur le port du masque
Le masque anti-projection est souvent mal porté. Nous avons préparé 2 vidéos qui vous expliquent comment bien le positionner et les 3 erreurs à éviter quand on le porte, pour rendre la protection efficace. Ces 2 vidéos peuvent être utilisées pour former le personnel des magasin au port du masque. Elles participeront à rassurer le client, en montrant que le commerçant met tout en oeuvre pour limiter les risques. Mais elles s’adressent aussi aux clients, qui doivent aussi porter un masque afin de protéger leur environnement. Ces vidéos sont en accès libre sur notre chaine youtube.

Le masque “barrière” ne protège pas le porteur mais son environnement, c’est-à-dire les surfaces et personnes à proximité. Au bout d’un temps d’utilisation, il s’humidifie et n’est plus efficace. Il peut être porté pendant 4 heures maximum (voir la fiche technique du fournisseur). Si vous partez en pause, il faut changer de masque. Il faut donc compter au minimum 4 masques sur une journée de travail.
Si vous êtes employeur, vous devez former vos salariés à l’utilisation du masque. Le Ministère du Travail a publié des fiches spécifiques à destination du personnel de caisse.

  • Il a été imposé de faire homologuer des masques. Pouvons nous vendre des masques non homologués en précisant qu’ils ne le sont pas ?

Les masques dits barrières doivent être homologués (FFP2 ou chirurgicaux) ou déclarés par les fournisseurs conformes aux préconisations de l’AFNOR, avec les mentions suivantes : « testé 5 lavages », ou « testé 10 lavages », ou « testé 20 lavages » ou « testé 30 lavages »

Il n’y a pas d’interdiction de vendre des masques non homologués ou non conformes aux normes de l’AFNOR, mais vous ne pouvez pas utiliser l’appellation “masque barrière”. Par ailleurs se pose la question de l’intérêt de ces masques pour protéger du Covid-19. Nous ne recommandons donc pas la vente de masque qui ne seraient pas “barrières”.

  • Peut-on mettre à l’entrée du magasin des gants et des masques lavables ?

Si vous choisissez d’imposer le port des gants à l’entrée du magasin, le client devra s’être désinfecté les mains avant d’enfiler la paire de gants. Car des mains porteuses du coronavirus peuvent contaminer l’extérieur des gants lors de l’enfilage.
De plus, le port du gant apporte une “fausse sécurité” et n’empêchera pas les gestes parasites mais peut conduire à un manque de vigilance. Porter des gants peut faire perdre la sensation de “mains sales et humides”.
Son efficacité pourrait dépendre également de l’espace entre le visage et la visière.

  • La visière peut elle suffire comme protection ?

La visière constitue une bonne protection (surtout pour les yeux) mais elle ne suffit pas, car elle pourrait ne pas empêcher la diffusion de certaines gouttelettes émises. Il n’y a aujourd’hui pas assez de recul sur son efficacité. Nous recommandons de coupler le port du masque à l’utilisation des visières. Son efficacité pourrait dépendre également de l’espace entre le visage et la visière.

Questions diverses

  • Pouvons-nous continuer les commandes après le déconfinement ? Faut-il demander un statut ? Pouvons-nous continuer à faire de la livraison sans répondre aux obligations d’étiquetage ?

Pendant la période de crise, les commerces vrac peuvent mettre en place à titre provisoire une activité de préparation de commandes et de livraison dans le but de limiter le passage des clients en magasin. Si ces commerces décident de maintenir le magasin ouvert au public, les préparations de commandes doivent être réalisées en dehors du magasin. Les équipements de vente et accessoires doivent être désinfectés avant les préparations de commandes. Il s’agit ici d’une règle générale qui s’applique aux préparateurs de commande (même en temps normal) : il ne faut pas utiliser les équipements et les accessoires utilisés par les clients pour préparer les commandes.
Les commerçants qui souhaitent maintenir à titre définitif l’activité de préparation de commandes dans le cadre d’un contrat de vente conclu à distance (ventes en ligne) doivent rapidement se mettre en conformité par rapport aux règles d’hygiène et d’étiquetage applicables aux contrats conclus à distance.

  • Est-ce que les laboratoires qui proposent des mesures contrôles pour le volet sanitaire HACCP peuvent élaborer des test pour le Covid-19 ?

Il existe déjà de nombreuses difficultés aujourd’hui pour réaliser les tests de détection du SARS-CoV-2 sur les personnes. Les laboratoires ne pourraient probablement pas, pour l’instant, effectuer de tels contrôles sur les surfaces.

  • Notre responsabilité pénale peut-elle être engagée s’il y a infection ?

Nous vous invitons à suivre nos recommandations et les gestes barrières afin d’être en mesure de prouver à tout instant que vous prenez toutes les précautions pour réduire le risque de contamination.

  • A l’avenir, pourra-t-on toujours utiliser les bacs, pelles et silos étant donné le risque de contamination ? Quel avenir pour le vrac ?

“A date, aucun problème sanitaire n’a été posé par l’usage des équipements de vente en vrac (bacs à pelle ou autres)”. Si les règles d’hygiène de ces équipements (bacs, silos et ustensiles) sont respectées, ces équipements ne présentent pas plus de risque que d’autres équipements (tels que les poignées des armoires réfrigérées, TPE, etc.).

Il faut avoir confiance. Nous avons confiance en l’avenir. La filière est mobilisée depuis le début, elle s’adapte et applique des règles d’hygiène strictes. De plus, le vrac est constitué majoritairement de filières courtes, qui représentent moins d’intermédiaires et donc moins de risques ! Il faut continuer de faire ses courses en vrac pendant et après la crise. Brune Poirson, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, a été auditionnée par le Sénat et a rappelé tout son soutien à la filière vrac.

Pour rassurer et donner confiance à vos clients, n’hésitez pas à afficher que vous portez un masque lors des transvasements, des mises en rayon et des préparations de commandes, et que vous veillez à respecter et à faire respecter les mesures barrières.

Nous vous invitons à diffuser nos vidéos pour former vos clients, équipes et concitoyens.

Merci à tous et bon courage !

N’hésitez pas à nous contacter à l’adresse contact@reseauvrac.org.

A bientôt,

L’Equipe Réseau Vrac

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