Réseau Vrac

Chers adhérent.e.s,

Réseau Vrac a organisé le 16 mars après-midi une visioconférence exceptionnelle avec nos deux expertes Maryse Noel, hygiéniste de Réseau Vrac, et Lucia Pereira, Directrice des Affaires Juridiques afin de répondre en direct aux interrogations des commerçants adhérents.

Vous trouverez ci-après le compte-rendu des échanges. Si vous souhaitez utiliser certaines de nos recommandations, vous pouvez le faire en citant la source : Réseau Vrac.

Ces réponses viennent en complément des préconisations envoyées le 16 mars au matin à l’ensemble des adhérents.

Désinfection des surfaces et des mains

  • Quel désinfectant à base d’alcool est préconisé, pour les surfaces en contact avec les produits alimentaires ?

Si vous utilisez déjà dans votre commerce des désinfectants sans rinçage (SR) agréés “contact alimentaire”, vous pouvez continuer à les utiliser. Il est recommandé, de vérifier leurs propriétés microbiologiques au niveau de leur fiche technique : ils doivent être virucides.

Pour les parties extérieures des équipements et des contenants qui n’entrent pas en contact avec les denrées alimentaires, le désinfectant n’a pas besoin d’être agréé, dès lors que les manipulations de désinfection se font avec précaution (couvercle fermé pour les contenants).

  • Sommes nous prioritaires pour recevoir du gel hydroalcoolique ?

Les seuls établissements prioritaires sont les établissements de santé, où les professionnels vont prendre en charge des cas avérés. Les commerces vrac ne sont pas prioritaires.

  • Peut-on utiliser les contenants apportés par les consommateurs ?

Dans la mesure du possible, nous vous recommandons d’utiliser vos contenants et sacs à vrac, préalablement lavés et désinfectés pour limiter le risque de transmission du virus.

Si vous continuez à autoriser l’utilisation des contenants apportés par les consommateurs, nous vous recommandons de désinfecter l’extérieur des contenants, en magasin avant utilisation, avec un désinfectant sans rinçage, pas forcément agréé “contact alimentaire”.

  • Le virus peut-il se loger dans les bocaux ? Peut-on accepter les contenants extérieurs ?

Nous ne savons pas aujourd’hui si l’aliment peut être vecteur du virus. Le risque de contamination porte principalement sur l’extérieur des bocaux. Donc on limite le risque en refusant les bocaux des consommateurs. Si on les accepte, il faut désinfecter au préalable l’extérieur de ces bocaux, avec un désinfectant sans rinçage, pas forcément agréé “contact alimentaire”.

  • Pour désinfecter l’extérieur des bocaux, faut-il du papier à usage unique, ou peut-on utiliser un chiffon microfibre ?

Le papier jetable “à usage unique” peut bien sûr être utilisé pour effectuer la désinfection des contenants apportés par les consommateurs, mais cela génère des déchets.

Les lavettes en microfibres, quant à elles, permettent, si elles sont bien employées, d’obtenir la même efficacité désinfectante si certaines précautions sont mises en oeuvre : Il faut vaporiser du désinfectant sans rinçage sur le contenant mais également sur la lavette préalablement pliée. Il faut changer régulièrement de faces afin de ne pas procéder à du nettoyage “contaminant”. On peut procéder ainsi à la désinfection de plusieurs contenants et une fois que toutes les faces de la lavette ont été utilisées, reprendre une autre lavette propre. Evacuer les lavettes utilisées en les stockant dans une boîte fermée puis les laver en machine à 60°C minimum.

  • A quelle température laver les chiffons microfibres ?

De manière générale, pour procéder à un lavage et une désinfection efficace des lavettes, il ne faut pas trop remplir le tambour de votre machine à laver. Choisir une température de lavage la plus élevée possible.

Si vous ne pouvez pas dépasser 30°C, il est recommandé d’utiliser des lessives désinfectantes.

Si vous pouvez effectuer le cycle de lavage à 60°C, à priori la température peut permettre une désinfection efficace des lavettes. Par mesure de précaution, vous pouvez renforcer l’efficacité de désinfection en utilisant des désinfectants pour linge qui agiront au cours du cycle de rinçage (que l’on introduit en début de cycle dans le compartiment en général destiné à l’adoucissant).

  • Que faire en cas d’absence de gel hydroalcoolique ?

L’utilisation des produits désinfectants n’est pas recommandée en remplacement des solutions hydroalcooliques car ces produits ne sont pas adaptés pour désinfecter les mains : en général, ils ne sont destinés qu’à la désinfection des surfaces inertes, doivent se rincer, et ne sont pas adaptés pour être mis en contact avec la peau. Nous ne recommandons donc pas ces produits.

Concernant la fabrication de gels hydroalcooliques : nous n’avons pas les compétences pour valider telle ou telle recette.

Si vous ne pouvez pas mettre de gel hydroalcoolique à disposition de vos clients, il est recommandé de servir vos clients, en précisant pour les rassurer, qu’entre chaque client vous procédez à un nettoyage approfondi de vos mains.

Ouverture des commerces et procédures à respecter

  • Un magasin vrac doit il rester ouvert pendant l’épidémie ?

Vous êtes des commerces alimentaires autorisés à l’ouverture. Des bonnes pratiques peuvent être mises en place pour limiter les risques de transmission du virus par contaminations croisées : la vente assistée plutôt que le libre-service, la limitation du nombre de clients dans le magasin, la désinfection des mains des clients à l’entrée du magasin (si c’est possible) et l’utilisation des contenants lavés et désinfectés par le commerçant plutôt que des contenants apportés par les consommateurs.

  • Les commerces itinérants pourront ils encore se déplacer ?

Vous êtes des commerces alimentaires autorisés à l’ouverture.

  • Sommes-nous considérés comme des commerces de première nécessité ?

Vous êtes des commerces alimentaire autorisés à l’ouverture.

  • Que se passera-t-il en cas de confinement total ?

En cas de confinement, les déplacements demeureront a priori possibles pour les courses alimentaires, notamment dans un commerce de vente en vrac.

  • Quelles sont les règles de distance à respecter ?

Se reporter à l’email envoyé ce matin. Nous recommandons au moins 1.5 mètre entre chaque personne. Il est possible qu’une queue se forme dans la rue, il n’y a pas de raison de s’inquiéter tant que la distance de sécurité entre chaque personne est respectée.

  • La présence des enfants

Ils sont vecteurs de transmission et souvent asymptomatiques. Leur présence dans les commerces doit donc être évitée. En cas de présence d’enfants, il est recommandé dans la mesure du possible de les laisser sous surveillance à l’entrée du magasin et d’éviter leur déplacement.

  • Vaut-il mieux faire entrer les clients un par un ?

Nous recommandons une distance de 1.5 mètre entre chaque personne. Il faut laisser la porte ouverte, aérer au maximum, désinfecter les poignées de porte après les passages.

  • Quelles autres mesures peuvent être prises pour rassurer les clients qui craignent une contagion plus importante avec l’utilisation des pelles ou pinces ?

Tous les objets manipulés par les clients sont potentiellement porteurs et donc vecteurs de contamination. Soit vous pouvez, entre chaque client, remplacer les ustensiles de préhension utilisés et désinfecter toutes les poignées et couvercles (des silos, bacs à pelle ou bocaux etc.) à voir si c’est possible en termes de temps, soit vous interdisez le libre-service et vous passez provisoirement en vente assistée pour limiter les risques de contamination et pour rassurer les clients.

  • Vaut-il mieux privilégier les paiements par carte bancaire ?

Oui mais il faut alors désinfecter le TPE avant & après son utilisation par le client. Si le client ne dispose pas de carte bancaire pour régler ses achats, lavez-vous correctement les mains après avoir manipulé pièces et billets avant de vous occuper du client suivant.

  • Dans le cadre du service assisté avec gants, faut-il prévoir une paire de gants pour le service ET une pour les espèces ?

Nous ne recommandons pas le port de gants pour le commerçant (même pour dissocier la manipulation de la monnaie de celle des produits), car cela protège le commerçant “mais pas le client”.

Une main gantée peut être tout autant vecteur de contamination croisée qu’une main non gantée. Si vous décidez de porter des gants, vous risquez de provoquer vous-même des contaminations croisées.

  • Faut il mettre en place un rationnement ?

Aujourd’hui rien ne l’impose.

  • Quelles précautions adopter lors de la réception des palettes ?

Les recommandations sont les mêmes que pour le reste des activités, à savoir :
- Limiter les échanges verbaux avec la personne qui effectue la livraison, et si échanges verbaux indispensables respecter alors « la distance de sécurité entre les personnes de 1m50 »,
- Le lavage des mains est indispensable avant et après les contrôles réception,
- Garder en tête qu’il faut éviter, au maximum, de porter ses mains à son visage pendant toutes les manipulations (réception, rangement zone de stockage, vente …).

Recours aux masques

  • Les commerçants doivent-ils porter un masque ?

Les masques qui seraient les plus efficaces pour vous protéger sont les masques FFP2 (équipés de filtres) qui protègent ceux qui les portent. Ils sont assez coûteux et ne sont plus disponibles aujourd’hui.

Les masques qui pourraient alors être utilisés sont les masques chirurgicaux, moins coûteux, mais ces derniers ne sont efficaces que si le commerçant et les clients en portent. Ils ne sont plus disponibles sur le marché pour le moment.

Il y a aujourd’hui une rupture de masques toute catégorie. Quand de nouveaux masques seront disponibles, ils seront prioritairement réservés aux services de santé. Nous préconisons donc plutôt de limiter au maximum la communication orale en magasin et de respecter la distance de 1,5 mètres entre les personnes surtout pendant les échanges.

  • Les masques de bricolage peuvent-il protéger ?

Les masques, généralement conseillés pour le bricolage, protègent ceux qui les portent des émanations de produits chimiques, mais aussi des poussières. Il n’est pas impossible qu’ils puissent procurer une protection contre les contaminations microbiologiques, tout dépend des propriétés de ces derniers.

La préparation des commandes

  • Peut-on décider de fermer l’accès à la boutique et de délivrer seulement des commandes préalablement préparées ?

Nous vous recommandons plutôt de continuer votre activité habituelle, en interdisant provisoirement le libre-service (voir recommandation ci-dessus pour les commerces ouverts). Si vous décidez de fonctionner provisoirement avec des préparations de commandes, attention à bien gérer les horaires de collecte/paiement des commandes pour éviter les attroupements. Nous vous déconseillons d’effectuer en même temps les deux activités : boutique ouverte et préparation de commandes, car il faudra gérer tout à la fois : les commandes, les collectes/paiements et les clients en magasin.

  • Y a-t-il besoin de demander un agrément de conditionneur pour préparer les commandes des clients ?

On ne demande pas d’agrément. C’est une activité que l’on déclare pour être identifié comme conditionneur, mais il n’y pas d’autorisation à demander en particulier.

Questions financières

  • Peut-on prétendre à des aides financières ?

Contactez votre URSSAF pour faire stopper les prélèvements si possible.

Vous pouvez vous adresser à la DGFIP pour demander des délais de paiements https://www.impots.gouv.fr/portail/files/media/1_metier/2_professionnel/EV/4_difficultes/440_situation_difficile/modele_demande_delai_paiement_ou_remise_impots_covid19.pdf

Pour les indépendants qui ne peuvent pas travailler car ils doivent garder leurs enfants ou car ils sont malades : vous pouvez faire une demande d’arrêt maladie sur le site ameli.fr, pour être indemnisés.

Des mesures de chômage partiel ont été annoncées si vous ne pouvez plus maintenir les salaires de vos salariés. Pour toute autre question sur ce sujet, n’hésitez pas à nous contacter : contact@reseauvrac.org.

  • Pourrons nous prétendre à la perte d’exploitation ?

A priori, très peu de contrats d’assurance incluent les cas d’épidémie pour assurer le risque “Perte d’exploitation”. Contactez votre assurance.

Fournisseurs

Concernant les questions sur les fournisseurs, nous allons envoyer un mail aux fournisseurs adhérents de Réseau Vrac pour leur demander de tenir informés les commerçants des dispositions qu’ils mettent en place, et prévenir s’ils vont être en mesure d’assurer les livraisons.

Si vous avez des questions supplémentaires n’hésitez pas à nous écrire sur la boite contact.

Bon courage à tout.e.s,

L’Equipe Réseau Vrac

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