Réseau Vrac

Pour ce 9e épisode de la rubrique “Retour sur un parcours d’adhérent”, nous avons interrogé Élise Bernier, co-fondatrice de l’épicerie Colégram à Rezé et Ambassadrice Réseau Vrac en Pays de la Loire.

Bonjour Élise, tu as ouvert ton épicerie vrac il y a bientôt un an. Peux-tu nous dire comment est né le projet ?

Avec Lucie et Estelle, mes deux associées nous avions envie de changer la vision des petites épiceries vrac pour partir sur un modèle plus grand, du type marché bruxellois.
Notre idée était de réunir tous les produits du quotidien (frais, condiments, fruits et légumes) dans une surface de vente de 120m2 pour que le client n’ait pas à aller dans plusieurs endroits différents. Nous avons donc décidé de créer un marché durable afin de ne pas se mettre d’étiquette et pouvoir accueillir le plus grand nombre de personnes et ainsi pouvoir soutenir l’économie locale à travers la vente de produits locaux et bio.

Comment cela se passe-t-il depuis ?

Au début du projet, c’était compliqué car il y a déjà beaucoup d’épiceries vrac en région nantaise, rien qu’en mai 2019, quatre épiceries fixes ont ouvert en même temps.
Mais comme nous visions la proximité et que nous étions dans un quartier où il n’y avait plus de supérettes, nous avons été très bien accueillies et avons pu rassembler les habitants de Rezé. Notre clientèle s’est constituée très vite, nous avons dès le départ fonctionné comme un commerce de proximité sans mettre en avant le bio et le vrac et nous avons créé un vrai lien avec nos clients, qui sont d’ailleurs très compréhensifs dans cette période de crise sanitaire.

Félicitations ! Et dans la réalisation de ce projet, comment Réseau Vrac t’a aidé et t’aide aujourd’hui ?

Même si nous sommes trois associées à gérer Colégram et que nous pouvons énormément discuter et se répartir les tâches et les recherches, la médiathèque de Réseau Vrac est notre meilleure alliée pour le moindre questionnement ! Nous avons eu la chance d’ouvrir après la création de l’association, que nous avons rejoint avant même la création de notre entreprise : la carte interactive des adhérents nous a permis d’aller échanger avec les autres projets en cours dans notre département, et le répertoire des fournisseurs nous a été d’un précieux soutien pour retrouver directement ceux qui partageaient nos valeurs de réduction des emballages.

Peux-tu nous parler de ton rôle d’Ambassadrice de Réseau Vrac en région Pays de la Loire ?

Avant d’être Ambassadrice j’avais déjà commencé à rencontrer des porteurs de projet d’épiceries vrac, notamment en leur apportant des aides et informations nécessaires sur les questionnements fréquents : locaux, recherches de fournisseurs etc.
Être ambassadrice permet d’accompagner davantage de personnes, partager leur expérience ainsi que la mienne et présenter Réseau Vrac au plus grand nombre possible.
D’autant plus que les Pays de la Loire est une région très active et réactive à la vente en vrac.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut ouvrir son épicerie vrac ?

Accrochez-vous ! C’est un ascenseur émotionnel perpétuel, mais ce jeu de montagnes russes en vaut la chandelle ! Trouvez un quartier qui vous correspond, et restez attentif aux demandes de ses habitants : il n’y a pas de modèle unique, à vous de créer celui qui conviendra à l’endroit où vous allez vous installer.
S’il y a d’autres épiceries dans la région, collaborez avec vos confrères ! Nous sommes de plus en plus nombreux à ouvrir en France, et il y a une demande croissante pour du vrac. Il y a donc de la place pour tout le monde ! Nous partageons tous les mêmes valeurs et sommes plus forts ensembles. Nous discutons énormément avec nos confrères et consœurs de Loire-Atlantique, cela nous fait un bien fou de pouvoir échanger sur nos expériences et nous entraider.
Cette convivialité, nous la cultivons également avec nos fournisseurs, et c’est en étant attentifs à leurs expériences que nous pouvons améliorer notre service auprès de nos clients. Cela n’est parfois qu’une petite conversation autour d’une tasse de café, mais c’est assez pour cultiver une relation de confiance ! Il faut malgré tout éviter de se reposer sur une poignée de fournisseurs afin de cultiver un réseau résilient en approvisionnement pour son épicerie, et nous l’avons particulièrement vu pendant la période du confinement.

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